Et la tristesse s’en va – Petit traité de l’abandon

Je suis une machine !

Je suis une machine ! Je suis un warrior ! Tout me glisse dessus ! Je suis un maître zen ! Si j’ai survécu à ça, je survivrai à tout ! Allez, on avance ! Avec un peu de conviction et quelques points d’exclamation, on traverse toutes les épreuves  !

On fonctionne tous pareil je crois. On encaisse. On avance, on a pas le choix.

On encaisse. La maladie, les épreuves, les blessures, les traumatismes. On « traverse » tout ça, comme une jungle pleine d’obstacles.

Toute l’énergie que ça nous prend pour avancer.

La suite, le retour à la « presque » vie. Toute l’énergie que l’on met à se reconstruire.

La peur. Les frustrations. La colère. Plus de sujet, de verbe ou de complément, l’énergie est comptée.

Le deuil de la vie qu’on avait imaginée. Le deuil de la personne qu’on était avant. Le deuil des choix qu’on a pas eu.

Le « on » à la place du « je » parce que c’est trop difficile de dire tout ça avec des « je ».

« Tout ça », les émotions, c’est superflu quand on est occupé à « avancer ». Alors ça se pose là… en attente… comme un carton des « émotions non classées » qu’on fourre dans un coin sombre. Et les années passent.

 

et la tristesse

Et la tristesse ? On la ravale ?

 

A un moment dans la traversée de la jungle, quelqu’un m’a offert ce livre, Petit traité de l’abandon, Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose. Mais comme mon carton des « émotions », ce livre, je l’ai posé là, sur la table de nuit, pendant 5 ans. Le moment n’était pas encore venu (comprendre : je n’étais pas prête).  » Non mais TOUT VA BIEN, j’te dis, je gère ! « .  Il est évident que ce quelqu’un avait compris qu’il faudrait gérer le carton des « émotions non classées », qu’il faudrait digérer.

« – Hep toi ! La machine ! Oui, toi ! Je suis ton carton ! Le carton des « émotions non classées ».  Le moment est venu de mettre la pagaille dans ton train train bien tranquille ! »

Et sur ma table de nuit, chaque soir quand je me couche, Alexandre Jollien et son Petit traité de l’abandon me défient du regard :  » Alors tu vas me lire, oui ou merde ?!  »

Mais ça veut dire quoi l’ABANDON ?  Ca veut dire baisser les bras ? Abandonner ? Arrêter d’essayer ? Mais tu m’as bien regardée ou quoi ?

 

Petit traité de l’abandon, Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose

 

Et les mots et la voix d’Alexandre viennent finalement adoucirent mes maux, desserrer l’étreinte trop serrée du carton des émotions… Il m’explique que l’abandon c’est « apprendre à ne plus refuser le réel, à accueillir ce qui est, sans résister, sans lutter sans cesse ». Et je comprends qu’à lutter contre tout ça pendant des années, j’ai oublié comment NE PAS lutter. Déjà une tension, comme un bouclier dans mon mode de résistance, saute. Enfin.

Dans ce petit traité, Alexandre Jollien nous montre le chemin vers l’abandon, l’abandon de soi, le lâcher prise et l’acceptation. Il puise dans la philosophie, le zen et la méditation pour apprendre à  » juste être là, sans amertume ni aigreur « .  

Il y parle de l’Abandon, de Bienveillance, de Dépouillement, de Fragilité et de Patience, de Gratitude, d’Humilité, de Peur, de Détermination, de Simplicité, entre autres choses.

Il pose cette question simple, qui représente pourtant toute l’énergie qu’on peut déployer à lutter contre ce qui nous arrive :

  • « – Qu’est ce que je peux faire pour être quelqu’un d’autre que celui que je suis actuellement ?
  • -rien « 
Alexandre Jollien

Petit traité de l’abandon, Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose

 

La magie opère assez rapidement. Dès le premier chapitre, ces quelques lignes/phrases libèrent le flot de toute la tristesse enfouie là:

« Je pense que la souffrance, la tristesse ont leur place en nous. Elles durent peut-être précisément parce que l’on n’ose pas les vivre à fond. Ce qui me frappe en observant les enfants, c’est que lorsqu’ils pleurent, ils pleurent à fond, et leur tristesse s’en va. Peut-être qu’il y a des blessures qui n’ont pas pu être vécues à fond, et qui pour cette raison demeurent. »

Et alors ACCEPTER

 

S’il n’y a rien que je puisse faire, il n’y a pas d’autre choix que celui d’Accepter ; accepter la vague des émotions non classées,  « posées là », en attente de traitement, toutes ces émotions qu’on ne peux pas gérer lorsqu’on concentre notre énergie à se reconstruire. Et la tristesse, enfouie et accumulée là, dans mon carton ?

Et la tristesse, cette émotion que ne tolère pas notre société parce qu’elle nous fait passer pour « faible », qu’est ce qu’on en fait ? On la ravale ? Cette émotion est-elle si peu convenable qu’on doive la cacher comme une vilaine gastroentérite qui nous fait honte, garder la tête haute et feindre que tout va bien ? Est ce qu’on ravale son vomi ? Non !

Alors j’accepte les émotions non classées d’il y a longtemps, la peur, les frustrations et la colère. J’accepte la tristesse et je la vis à fond. Je pleure sans hésiter pour qu’elle ne demeure plus…j »accepte l’abandon sans pour autant baisser les bras, la joie et le rire de nouveau, la vie telle qu’elle se propose. Et la tristesse s’en va.

Vous l’aurez compris, ce Petit traité de l’abandon a été un déclencheur. Il méritait bien plus qu’un petit paragraphe dans ma petite Thérapie par le vide. Je n’ai pas pu le lire, bien trop perdue et agitée que j’étais dans ce carton qui m’a comme qui dirait « explosé » à la figure. Je n’ai pas lu Alexandre Jollien, je l’ai écouté, parce que c’est un livre/CD. Je l’ai entendu. Et j’ai pleuré à fond.

L’abandon ça se découvre, petit bout par petit bout. Ce Petit Traité nous en montre le chemin. L’un des exercices que pratique Alexandre Jollien pour parvenir à ce lâcher-prise est la méditation. Je vais me pencher sérieusement là dessus. Je vous en dirai des nouvelles, peut-être.

 

Si, vous aussi, vous trouvez que la vie « c’est beau, mais ça pique », si vous avez quelque part un « carton » qui traine dans un coin sombre, en attente de « digestion », quelques soient les blessures, vous trouverez dans ce livre/CD non pas des réponses, mais un chemin, une exploration pour se libérer de nos « émotions non classées » et apprendre à être dans le présent tout en « cohabitant » avec nos blessures « sans qu’il y ait nécessairement de l’amertume ». 

Soyez honnête, on a tous un carton ! Non ?

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Clémentine

Clémentine, 38 ans, se balade en quête de nouveaux "z'essentiels". C'est un peu comme des "l'authentiques". Vous nous accompagnez vers plus de simplicité ?

2 Comments

  1. C’est le genre de bouquin qui me soule à lire.
    Toutes ces belles phrases, pleines de mantra, perso ça ne me parle pas trop.
    Pourtant si ce genre de bouquin me plaisait, j’en lirai des tartines.
    Parce que les émotions refoulées ça me connait !

    • Oui je comprends que ca puisse être soulant et rébarbatif. C’est difficile de trouver ce que l’on cherche dans les livres de développement personnel. C’est souvent creux. Le mantras ça parle pas à tout le monde, d’ailleurs ça ne me parle pas non plus à moi.
      Mais dans celui-là, quelques phrases ont fait tilt pour moi.
      Là différence avec les autres livres, je trouve, c’est qu’Alexandre Jollien n’est pas un thérapeute. Il est pas là pour nous dire comment on doit faire pour être heureux. C’est un expert en vrai bonne grosse blessure de la vie lui même, donc il ne vend pas du rêve ou de la poudre de perlimpimpin. Il n’est pas un nième thérapeute, spécialiste en développement personnel, qui te vend la rédemption au travers du ménage intensif, ou le coloriage.

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